Dans les sols argileux sensibles au retrait-gonflement des argiles (RGA), un point reste encore insuffisamment traité : l’impact des réseaux d’évacuation enterrés sur l’équilibre hydrique des sols.
Le retrait-gonflement des argiles (RGA) est aujourd’hui bien identifié comme une pathologie majeure du bâtiment en France. Les analyses issues d’organismes reconnus comme le CEREMA, le CSTB ou encore l’Agence Qualité Construction (AQC) convergent : la sinistralité liée aux mouvements différentiels des sols argileux ne cesse d’augmenter.
Si le drainage des fondations fait souvent l’objet d’une attention particulière, l’évacuation enterrée en extérieur des bâtiments est un élément essentiel à ne pas négliger. Dans un sol argileux sensible au retrait-gonflement, un réseau d’assainissement mal conçu ou inadapté peut devenir un facteur aggravant majeur des désordres structurels. Les conséquences d’une mauvaise installation sont lourdes et souvent irréversibles. Voici ce que tout installateur doit savoir avant de choisir et poser le premier tube.
Un risque qui concerne une grande partie du territoire français
Pour rappel, le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA) désigne la variation volumique d’un sol argileux en fonction de sa teneur en eau. En période sèche, le sol se rétracte et se fissure en profondeur. Après les pluies, il gonfle. Ces mouvements cycliques, amplifiés par le changement climatique, exercent des contraintes mécaniques considérables sur tout ce qui est enterré : fondations, dallages et réseaux d’évacuation.
Ce phénomène de mouvements de terrain fait accroître la sinistralité des bâtiments ces dernières années :
| Le premier zonage des phénomènes de retrait-gonflement des argiles représentait en 2019, 48 % du territoire hexagonal
| En 2026, 55 % du territoire métropolitain exposé au RGA
Nouvelle carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles 2026 Source Géorisques (L’arrêté du 9 janvier 2026 définit les zones exposées au RGA) |
| 42 % des sinistres « Catastrophes Naturelles » liés au RGA en France | 12 millions de maisons individuelles exposées à un risque moyen ou fort de RGA | Entre 3 et 3,5 milliards € Coût estimé des sinistres assurés lié au RGA pour la sécheresse de l’année 2022 |
Évacuation enterrée : un réseau vulnérable aux mouvements des sols argileux
Les canalisations enterrées, notamment les réseaux d’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales, sont directement exposées aux déformations du sol. Dans un contexte de sol argileux sensible au RGA, ces mouvements peuvent provoquer :
- Des désalignements de canalisation
- Des fissurations ou ruptures des tubes
- Des défauts d’étanchéité au niveau des assemblages
- Des infiltrations d’eau dans le sol, aggravant le phénomène de retrait-gonflement
Point de vigilance :
Un réseau d’évacuation qui fuit en zone argileuse est doublement dangereux. Il humidifie localement le sol à proximité des fondations, déclenchant ou aggravant un gonflement différentiel en modifiant localement la teneur en eau du sol. Le problème n’est plus seulement hydraulique, il devient structurel en accentuant les désordres du bâtiment.
Les retours d’expérience d’experts (bureaux d’études, entreprises de VRD, assureurs) montrent que les fuites sur réseaux enterrés modifient localement la teneur en eau, ce qui fait apparaître des désordres et induit des réparations complexes et coûteuses.
Sur le sujet, le ministère de la transition écologique et de l’aménagement du territoire préconise entre autres solutions pour la prévention du phénomène RGA de :
« Repérer les fuites des réseaux d’eau enterrés » et « d’utiliser des matériaux souples (exemple PVC) pour minimiser les risques de rupture des canalisations enterrées ».
L’évacuation dans le sol argileux : un réseau vulnérable aux mouvements du sol
L’importance d’une conception adaptée
Depuis plusieurs années, le cadre réglementaire évolue : la Loi ELAN impose une attestation avec rappel de l’obligation de la réalisation d’une étude géotechnique préalable en zones argileuses, le site Géorisques permet une visibilité sur la Cartographie des aléas RGA.
L’arrêté impose explicitement l’utilisation de tubes à joint pour les réseaux enterrés, afin de garantir l’étanchéité en cas de mouvement de sol.
Pour limiter les risques, il est essentiel d’intégrer dès la conception du bâtiment, des solutions adaptées aux contraintes géotechniques. Cela passe notamment par :
- Le choix de matériaux résistants aux contraintes mécaniques
- Une capacité d’absorption des mouvements différentiels
- Une excellente étanchéité des raccordements
- Une mise en œuvre conforme aux règles de l’art
L’objectif est de garantir la pérennité du réseau, tout en évitant qu’il ne devienne une source de désordre.
Les erreurs classiques sur le terrain
Voici quelques cas de mauvaise installation les plus fréquemment rencontrés sur chantier. Chacun d’entre eux peut sembler anodin au moment de la pose, cependant leurs conséquences apparaissent souvent 2 à 5 ans après les travaux.
Cas n°1 : Tube collé en terrain instable :
L’assemblage par collage crée des joints rigides. Lorsque le sol bouge, même de quelques millimètres, les points de collage deviennent des points de rupture. La colle vieillit mal à l’humidité : le tube enterré devient cassant, les raccords s’arrachent silencieusement.
Cas n°2 : Tube standard SN2 enterré sous dalle ou voirie :
Un tube PVC non renforcé posé en zone de surcharge s’écrase progressivement. Sur sol argileux, les pressions de gonflement accentuent ce phénomène. Le résultat : une réduction de section qui se transforme en bouchon chronique.
Cas n°3 : Réseau pluvial infiltrant à proximité des fondations :
Brancher les eaux de toiture sur un puisard perdu à moins de 3 m d’une fondation en zone argileuse est l’une des causes les plus fréquentes de sinistres RGA. L’eau injectée directement dans le sol crée des variations d’humidité localisées et des gonflements différentiels.
Cas n°4 : Pente insuffisante ou nulle :
En zone argileuse, les tassements différentiels modifient la pente initiale du réseau après la pose. Une pente de 1 % correctement établie au départ peut devenir nulle, voire contre-pente sur une section. Les stagnations d’eau génèrent des fermentations et fragilisent les parois.
Cas n°5 : Non respect du fascicule 70
Les dimensions des tranchées et les mises en place des lits de sable sont souvent négligées, cependant elles sont réglementées par des normes comme le Fascicule 70, qui définit les règles de l’art pour les ouvrages d’assainissement. Ces normes garantissent la stabilité et la durabilité de l’installation. pour lit de pose, pente remblaiement et filet avertisseur
Évacuation SANCOL® : une réponse technique performante
Dans ce contexte, la solution SANCOL® se distingue comme une réponse particulièrement adaptée aux environnements sensibles au RGA.
Première gamme complète de tubes et raccords DN100 à joint pour l’évacuation des eaux usées et pluviales extérieure aux bâtiments et conforme à la norme NF EN 1451-1. Le tube est disponible en SN8.
Des caractéristiques techniques renforcées
Le système SANCOL® repose sur des tubes et raccords renforcés à joint Ø100, conçus pour répondre aux exigences des sols instables :
- Contrairement à un assemblage collé, la connexion par joint permet de petites rotations et mouvements relatifs entre éléments, tels que les mouvements du terrain imposent.
- L’étanchéité est maintenue grâce à la compression du joint. L’assemblage est sécurisé, limitant les risques d’infiltration
- Les tubes de haute résistance mécanique sont conçus pour supporter les contraintes liées aux mouvements du sol (ATE préconise le choix du tube SN8).
- Durabilité accrue : les matériaux sont adaptés aux conditions agressives et aux variations hydriques
Une reconnaissance officielle
La solution complète SANCOL® bénéficie d’un Avis Technique, garantissant sa conformité et sa performance dans des conditions spécifiques, et d’une certification QB, gage de qualité et de fiabilité.
| Gamme complète Ø100 à joint SANCOL® AVIS TECHNIQUE N°17.2_25-376_V1 Et certification QB | Tube SANCOL® SN4 Zones piétonnes, jardins, espaces verts. Résistance SN4. Longueurs 2, 3, 4 m. Connexion à joint. | Tube SANCOL® SN8 Sous voirie, zone de surcharge. Résistance SN8 renforcée à l’écrasement. Longueurs 2, 3, 4 m. Connexion à joint. | Raccords SANCOL® SN4 PP à joint Coudes 15°/30°/45°/87,5°, manchons, coulisses, Y 45°, T 87,5°. Résistance SN4. Connexion à joint. |
Ces reconnaissances apportent une sécurité supplémentaire aux prescripteurs et aux maîtres d’ouvrage et permettent de faire le choix de matériaux efficaces et pérennes pour lutter contre le retrait-gonflement des argiles.
Avantages terrain :
La pose sans collage permet un ajustement et une correction du réseau au moment de la mise en oeuvre, sans contrainte de temps liée au séchage. Un raccord mal orienté se corrige en quelques secondes ; un avantage considérable pour les installateurs particuliers comme professionnels.
La palettisation sur peigne garantit que les tubes ne sont pas déformés lors du déconditionnement ; un point souvent sous-estimé qui conditionne la qualité du réseau une fois posé.
Un levier essentiel pour la prévention des désordres
Intégrer une solution d’évacuation enterrée SANCOL® dans les projets de construction ou de rénovation en zone argileuse permet :
- De sécuriser le réseau d’évacuation enterré
- De limiter les interactions négatives avec le sol
- De contribuer à la stabilité globale de l’ouvrage
Dans un contexte où les sinistres liés au RGA sont en constante augmentation, chaque détail compte. L’évacuation enterrée, souvent invisible, joue pourtant un rôle clé dans la durabilité des bâtiments.
FAQ Questions fréquentes sur l’évacuation enterrée en zone argileuse
Oui. Cette configuration est courante en rénovation ou extension de réseau existant à condition que les tubes à coller soient de diamètre 100. Il est possible également d’utiliser les raccords SANCOL® sur des tubes à coller Ø100.
Cependant dans les sols argileux, il est fortement recommandé de n’utiliser que des tubes et raccords renforcés à joint.
ATE propose une chanfreineuse dédiée. La coupe doit être franche et perpendiculaire à l’axe du tube. Appliquer le lubrifiant fourni sur le joint du raccord ET sur l’extrémité mâle chanfreiné du tube avant emboîtement. Un joint sec ou un chanfrein approximatif sont les deux principales causes de fuite à la mise en charge.
Un tuto sur le chanfreinage est disponible sur la chaîne YouTube ATE.
Le SN4 couvre la grande majorité des situations en extérieur de bâtiment en zone non circulée (jardins, allées piétonnes).
Le SN8 est obligatoire dès qu’il y a passage de véhicules, pose sous dalle béton ou profondeur supérieure à 2 m et est fortement conseillé dans les sols à retrait gonflement des argiles. En cas de doute, le SN8 est la solution sécurisante sans surcoût majeur sur un linéaire classique.
La gamme SANCOL® à joint permet une réparation sectorielle sans démontage complet. Isoler la section défaillante, couper proprement les tubes de part et d’autre, et insérer deux manchons coulisse et un tronçon tube de remplacement. La coulisse compense les différences de longueur sans contrainte d’emboîtement.
Un tuto vidéo dédié à la réparation d’un tube cassé est disponible sur la chaîne YouTube ATE.
Depuis le 1er janvier 2024, l’arrêté du 21 décembre 2023 impose une attestation à fournir lors de la déclaration d’achèvement des travaux, valable pour le neuf, les extensions et les rénovations en zone d’aléa RGA. ATE met à disposition un dossier technique RGA complet (spécifications produits, références normatives, schémas de pose).
Face aux enjeux posés par le retrait-gonflement des argiles, il est donc indispensable d’adopter une approche globale de la construction. L’évacuation enterrée ne doit plus être considérée comme un simple élément technique secondaire, mais comme un point stratégique à maîtriser.
« Un tube n’est pas qu’un tube ! »
En optant pour une solution performante et certifiée comme la gamme SANCOL®, les professionnels du bâtiment disposent d’un levier concret pour réduire les risques et garantir la pérennité des ouvrages en sols sensibles.
Pour aller plus loin :